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L’auto édition forge ses lettres de noblesse


L’édition numérique a tracé sur le web ses chemins alternatifs au système traditionnel. Entre tous les acteurs de la chaîne du livre, les cartes ont été redistribuées au point qu’une nouvelle figure d’auteur émerge depuis peu : celle de l’  « auteur entrepreneur ». Concept phare du livre d’Elizabeth Sutton et de Marie-Laure Cahier paru chez Eyrolles en janvier 2016, l’auteur-entrepreneur est celui qui crée, édite, diffuse, vend et promeut lui-même ses écrits grâce aux possibilités de l’autoédition et des réseaux sociaux. Alors que l’édition à compte d’auteur n’a jamais vraiment honoré les écrivains, l’autoédition et le statut qui l’accompagne sont revendiqués comme gages de liberté et d’indépendance. Et tout porte à croire que le phénomène est en passe de se démocratiser…

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Lena Dunham – auteure et créatrice de la série TV Girls – Staragora.com

Quand les stars font le pari de l’auto édition

Les nouveaux influenceurs se font figure de proue de ces tendances. Repérées au mois de mai par Actualitté, deux « stars » du web ont déjà fait le choix de se détourner des sentiers traditionnels pour publier leur livre : Lena Dunham, créatrice de la série TV Girls, et la youtubeuse française Jenesuispasjolie dont le premier ouvrage vient d’être publié. Auteure d’un premier best-seller en 2014, Lena Dunham a choisi de quitter son éditeur Random House pour publier son second ouvrage Is it evil not to be sure ?​ par biais de sa société Lenny. Jenesuispasjolie a quant à elle créé sa propre maison d’édition, une SAS nommée La Page qui Bouge, spécialement pour la publication de son premier livre. Alors que les maisons d’édition s’arrachent à prix d’or ces icônes générationnelles, ces dernières ont décidé de montrer qu’elles pouvaient se passer de leurs services. En faisant le pari de l’auto-publication, ces figures aux millions de followers envoient un message fort.

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La youtubeuse Jenesuispasjolie – Cultura.com

Un prix couronne cette « autre édition »

L’édition indépendante semble donc de plus en plus légitime, tout comme le talent de ses auteurs. En témoigne le lancement en juin du Prix de l’Autre édition porté par Edilivre, Publishroom, BoD, Publibook et la Société des écrivains. Grâce à ce prix, les romans édités hors des sentiers traditionnels seront en récompensés au même titre que les autres. Les cinq maisons d’auto-édition et d’édition collaborative bénéficient ensemble d’une force de frappe importante. Au sein d’une industrie qu’elles qualifient de « cloisonnée », le Prix de l’Autre édition est un coup d’éclat significatif qui contribuera sans doute à faire bouger les lignes.

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Et le public suit ?

L’entreprise Nielsen, groupe néerlandais spécialiste de l’édition et de la mesure d’audience, a récemment publié un rapport sur les habitudes d’achats de livres en 2015. Actualitté qui s’est penché sur cette étude note une hausse considérable des chiffres de l’auto-publication au fil des années. Passées au crible par le département Books & Consumer de Nielsen, les tendances du marché de l’ebook britannique sont en effet sans équivoque : les ebooks auto-publiés grâce à des services tels que CreateSpace ou Lulu représentent 12% des achats de livres en numérique en 2015, contre seulement 5 % en 2012. Un chiffre peu étonnant selon Actualitté qui observe « l’engouement de plus en plus prononcé pour les auteurs de se passer d’acteurs traditionnels pour mettre leur livre à destination des lecteurs. » Le média rappelle son entrevue avec l’auteur indépendant Laurent Bettoni qui dépeignait l’autoédition comme une nécessité dans un système qui « n’offre que peu de chances aux jeunes auteurs ».

 

E-books


Liseuses : des innovations hautes en couleurs

De grandes innovations ont récemment été annoncées dans le domaine des technologies autour des liseuses. Comme le note Idboox, la société chinoise Guangzhou OED Technologies a développé un papier électronique à base de graphène qui pourrait révolutionner l’industrie des appareils à encre électronique. D’après le communiqué publié par l’entreprise, ce matériau ultra résistant est on ne peut plus léger et représente des coûts de production moindres. En plus d’être transparent et flexible, il peut augmenter la luminosité des écrans. Cette technologie annoncée pour 2017 promet de séduire de nombreux constructeurs.

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PocketBook couleur – Cnetfrance.fr

Autre avancée majeure rapportée par Idboox : la liseuse couleur ! La compagnie E Ink Holdings a en effet présenté l’Advanced ePaper (ACeP), un écran permettant l’affichage couleur sur du papier électronique. La société promet une gamme de couleurs vives complète tout en conservant les avantages du papier électronique : l’affichage reposera sur une seule couche de fluide électrophorétique commandé à l’aide des tensions compatibles avec les panneaux arrière TFT.

 

Bande-dessinée


Comixology joue les Netflix de la bande-dessinée

Comixology vient de lancer un nouveau service de bandes dessinées à la demande sur abonnement. L’offre « Comixology Unlimited » donne pour 5, 99 € par mois l’accès à un catalogue de plusieurs milliers de comics numériques qui recense une grande variété d’éditeurs indépendants. Parmi eux, on note Image Comics, Dark Horse Comics et Fantagraphics Books. Ce principe de titres à la demande par abonnement a déjà fait l’objet de plusieurs tentatives, notamment chez Marvel avec le service « Marvel Unlimited » à 9,99 € par mois. Mais avec la plateforme d’Amazon, ce mode de diffusion prend une ampleur sans précédent. Le média américain The Verge va jusqu’à parler d’un « Netflix de la bande-dessinée », annonçant par là une révolution comparable à celle qui touche actuellement l’industrie l’audiovisuelle.

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Amazon – Comixology

Education


L’échec des tablettes à l’école ?

Alors que nous nous intéressions récemment à la thématique des collèges connectés, l’engouement pour la tablette à l’école semble sur le déclin aux Etats-Unis. Suite à la décision de l’Etat du Maine de remplacer les iPad par des ordinateurs portables, IGeneration a consacré un article aux retours d’expérience des principaux concernés. Les résultats sont sans appel : 88,5% des profs et 74 % des élèves préfèrent les ordinateurs portables. Du point de vue des professeurs, les iPad ne sont pas assez efficaces sur le plan pédagogique. Certains d’entre eux crient même au désastre : il est impossible d’utiliser les tablettes pour taper du texte et les élèves seraient tentés de les utiliser « comme des jouets ». Plus étonnant, les collégiens et lycéens livrent un retour similaire : l’un d’eux a même reconnu le caractère trop addictif des jeux qu’on peut installer sur l’outil. Aldus2006 a relayé cet article et fait un parallèle avec la situation en France : à l’heure où l’équipement massif des collèges est imminent, ne serait-ce pas le moment d’écouter ce type de témoignage ?

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Médias


La presse en réalité augmentée

Au lendemain de notre hackathon sur la presse et les objets connectés, on observe l’émergence des premières tentatives de « magazines augmentés ». Dans le cadre d’un numéro spécial dédié aux nouvelles technologies appelé « Innovators », The New Yorker propose une expérience interactive à partir des illustrations de Christoph Niemann. Grâce à l’application Uncovr spécialement développée pour l’occasion, les premières et quatrièmes de couverture ainsi que certaines pages du journal prennent vie sous les yeux des lecteurs et laissent place à un monde animé en 3D.

Si le dispositif semble fascinant à bien des égards, Numerama interroge à travers ses commentaires l’utilité d’une telle initiative. La réalité augmentée perturbe le confort de lecture et n’apporte pas encore de réelle valeur ajoutée au magazine. Pur « gadget » ou véritable richesse pour l’expérience de lecture ? L’histoire de cette innovation n’en est encore qu’à ses prémisses…

Nouvelles écritures


L’art des histoires adaptatives

Le livre numérique est un terrain de jeu incroyable pour développer de nouvelles formes de narration. Tel est le crédo du jeune éditeur toulousain Via Fabula qui se spécialise dans le développement d’  « histoires adaptatives ». L’idée est de créer des récits qui changent et évoluent en fonction des caractéristiques du lecteur, de la météo ou encore de l’environnement de lecture. Résolument innovante, la promesse surfe sur les plus grandes tendances de l’offre numérique : l’analyse de données et la personnalisation. Si ces avancées tendent à faire rêver le lecteur, elles constituent un véritable défi pour les écrivains. L’auteur et amateur de jeux de rôle Marc Jallier a décidé de tenter l’aventure avec Chronique(s) d’Abîmes, un thriller immersif qui retrace l’histoire d’un étudiant en médecine. Créée à partir d’algorithmes de contextualisation, la fiction se décline en 6 versions différentes, 9 fins alternatives et 144 chemins possibles. L’application développée par Via Fabula guide le lecteur dans les arcs narratifs possibles en fonction de son profil. Dans un entretien accordé à la Gazette du Geek, l’auteur résume les points positifs de l’expérience en ces termes : « Le plus fascinant, c’est d’avoir pu jouer avec les récits parallèles comme autant de miroirs déformants d’une même situation ».

 

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Chronique(s) d’Abîme -Marc Jallier – GazetteduGeek.com