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Edition


Maisons d’édition & réseaux sociaux : quelle stratégie ?

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Le monde de l’édition se penche de plus en plus sur le rôle des réseaux sociaux dans le marketing du livre. Dans son dernier numéro, Livres Hebdo a consacré un dossier à ces canaux de communication devenus clés dans la stratégie de certains éditeurs français. S’il reste difficile à évaluer en termes de retours sur investissement, le community management est aujourd’hui essentiel aux maisons d’édition pour « renforcer l’esprit communautaire autour de leur marque ». Les plateformes les plus incontournables aujourd’hui sont sans conteste Facebook et Twitter. Certains éditeurs cherchent aussi à privilégier l’image dans leur stratégie en la déployant sur Instagram ou Pinterest. Nouveau favori du public adolescent, Snapchat commence aussi a dévoiler ses atouts pour les éditeurs avec quelques premières expériences, notamment celle du nouveau label d’Edi8 404 éditions qui utilise le système de messages éphémères pour informer sa communauté et communiquer avec elle sur un ton léger et volontairement décalé, avec des GIF animés ou des vidéos.

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Le community management consiste à gérer la qualité éditoriale du contenu posté sur une page, développer et fidéliser les communautés, le tout avec un ton adapté à la cible… Comme le souligne Christelle Derda, directrice numérique chez Edi8, c’est un travail à temps plein. Univers Poche qui possède dix pages marques, huits pages auteurs et plusieurs supports mobilise plusieurs community managers et fait largement appel à son personnel en interne. Les réseaux sociaux sont souvent gérés collectivement, entre le service marketing, le service commercial, les éditeurs et les attachés de presse. Du travail « pris en plus sur nos postes habituels », comme le note l’attaché de presse de Dupuis Matthieu Poulhalec. Au sein des grandes maisons d’édition comme dans les plus modestes, la gestion et l’animation des réseaux sociaux relève plus ou moins de l’artisanat.

Ainsi comment élaborer une stratégie solide ? La parole des éditeurs en dit long sur cette notion assez floue : « On ne peut pas réellement parler de stratégie dans notre cas. Nous informons et parlons directement avec notre public, c’est une communication de l’enthousiasme.« , affirme l’attachée de presse de Gallmeister Ekaterina Koulechova. « Je n’aime pas trop parler de stratégie parce que ça implique qu’on y réfléchit beaucoup (…) Or l’essentiel est de fonctionner à l’affectif et au feeling.« , renchérit Charlotte Luttringer, community manager de Kurokawa.

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Il est encore difficile de mesurer l’impact d’un tweet ou d’un J’aime sur Facebook sur les achats en librairie. Mais là n’est peut-être pas l’intérêt des réseaux sociaux. La majorité des éditeurs ont abandonné la conquête du fan et convergent vers une philosophie de l’engagement. Les gestionnaires de communauté préfèrent se référer au nombre de personnes ayant aimé, commenté ou partagé une publication plutôt qu’au nombre total d’abonné. Les réseaux sociaux sont en somme une affaire de relationnel : l’intérêt pour les éditeurs est de mieux connaître les attentes de leurs lecteurs et de les fidéliser par une nouvelle forme de proximité.

Pouvoir du participatif : des titres d’Inkshares propulsés à l’écran

inkshares

Inkshares, la maison d’édition qui repose sur le financement participatif, va vendre des droits d’adaptation audiovisuelle. The Show, succès écrit par l’ex-employé de Google Filip Syta, a fait l’objet de deux offres : l’une de la part d’une chaîne de télévision européenne pour une adaptation en série, l’autre par Penguin Random House pour la création d’un livre audio. Comme le note Digital Book World, Le manuel d’instruction de l’astronaute de Mike Mongo avait déjà suscité l’intérêt de certains studios.

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Pour son fondateur Jeremy Thomas, si les titres d’Inkshares intéressent les studios et des chaînes de télévision, c’est parce que la plateforme numérique enregistre les données utilisateurs. En outre, les chiffres du financement participatif permettent aux producteurs de jauger le potentiel succès d’une adaptation.

Monde du livre : Librairie


 L’impression à la demande, un nouveau chapitre pour l’économie du livre ?

Le 10 mars dernier, les PUF ont inauguré au coeur du Quartier Latin une librairie « nouvelle génération » équipée d’une Espresso Book Machine. Largement commenté dans le milieu de l’édition numérique, le dispositif offre de multiples perspectives aux acteurs de la chaîne du livre. Pour le libraire et l’éditeur, son intérêt réside dans la réduction des coûts et des efforts qui amputent la rentabilité d’un titre. L’impression à la demande annonce en effet l’avènement d’une libraire sans fond ni stock à gérer. Elle se pose comme une solution contre la destruction des livres invendus et offre la possibilité d’une seconde vie à des ouvrages à faible demande ou épuisés depuis longtemps.

 La société française Orséry propose une imprimante comparable à l’Espresso Book Machine: elle met à disposition des librairies affiliées une presse numérique, le droit d’utilisation de ses logiciels, une maintenance et son catalogue de titres. Dans un long article consacré à l’entreprise, Actualitté note l’aspect révolutionnaire d’une telle solution jusque dans l’expérience d’achat du lecteur : ce dernier aura la possibilité de personnaliser son ouvrage, de modifier la police, d’employer une police adaptée à ses particularités (dyslexie etc.). « Nous arriverons à des produits entièrement nouveaux, avec l’accord des éditeurs. Il est possible d’agrandir la police ou d’intégrer des dédicaces dans les livres. », confie Christian Vié, président d’Orséry.

Education


Accord Canopé-Amazon : un petit condensé

Le service d’autoédition d’Amazon Kindle Direct Publishing et le Réseau Canopé, opérateur public du ministère de l’Education nationale, ont annoncé un accord destiné à mettre en place des ateliers dédiés à l’autoédition de contenus pédagogiques. Cette initiative vise à former les enseignants, élèves, étudiants, ou parents d’élèves afin qu’ils puissent publier des livres numériques sur la plateforme KDP. Comme le note IDBOOX, ce partenariat est un grand coup porté par Amazon en matière d’éducation et suscite la méfiance des acteurs du livre scolaire. Le Syndicat National de l’Edition s’est adressé au ministère de l’Éducation nationale dans un communiqué pour dénoncer ce rapprochement, suivi du Syndicat de la Librairie Française.

veille canopé

Jean-Marc Merriaux, directeur général du Réseau Canopé, répondait aux questions du SNE sur le sujet lors d’une conférence donnée avec Amazon au Salon du Livre 2016. Actualitté a recueilli ces propos dans un article. Au problème posé du conflit d’intérêts entre l’autoédition et l’édition scolaire, Jean-Marc Merriaux oppose le constat suivant : avec l’autoédition naissent la plupart du temps des contenus de niche que les éditeurs ne pourraient pas produire à cause des frais et des risques engendrés par le système traditionnel. Il y a selon lui une différence de positionnement qui rend faible le risque en termes de part de marché pour les éditeurs. Si l’émotion suscitée par ce partenariat provient en grande partie de la réputation d’Amazon dans le secteur de l’édition française, Jean-Marc Merriaux le justifie en évoquant le grand intérêt des enseignants pour l’outil KDP. Il tente également de rassurer les différents acteurs par une promesse de transparence : la nature du contrat est celle d’une « prestation avec un associé » et Canopé honorera son statut d’opérateur du ministère de l’Education nationale en clarifiant au mieux sa relation avec « les industriels« .

Programmation


Le MOOC Kadenze : l’art digital pour tous !

Kadenze est une plateforme de MOOCs qui propose un apprentissage de la programmation dédié aux artistes et aux créatifs. Alimenté de façon collaborative par sa communauté d’enseignants, d’artistes et d’ingénieurs du monde entier, le catalogue de Kadenze propose toutes sortes de cours, de l’art génératif à la synthèse de modélisation physique pour jeux et systèmes interactifs. Délivrées par de véritables professionnels, les leçons sont interactives, fluides et de grande qualité. Si une compréhension minimum de l’anglais est nécessaire, ces cours restent faciles à suivre pour un public non anglophone.

Entrepreneuriat culturel


La culture, un terreau fertile pour les entrepreneurs ?

Si elle semble pas faire rêver les investisseurs, la culture constitue un véritable vivier d’activités et un marché plus large qu’il n’y paraît : arts visuels, spectacle vivant, jeux vidéo, livre, télévision, cinéma, photographie et bien d’autres champs encore. Dans un article consacré à entrepreneuriat culturel, Maddyness fait parler les chiffres : en France, il y 1200 musées, 23 millions de spectateurs de variété et 203 millions de cinéphiles. Source d’inquiétudes, le virage numérique est pourtant une véritable opportunité pour les acteurs culturels en termes de « développements et d’impact ». La mutation renouvelle tous les champs, de la production des œuvres à ses modes de distribution : tout comme le livre explore les hybridations avec les supports digitaux, le secteur audiovisuel créé de nouveaux formats, et de nouveaux systèmes de monétisation et de diffusion voient le jour…

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Dada-Data est un projet digital signé Anita Hugi et David Dufresne, fait d’exercices Dada interactifs en rafale, appelés « Hacktions Dada » et d’un anti-musée web, le DADA-Dépôt.

Ainsi, de nombreuses startups culturelles commencent à émerger avec des modèles et des positionnements innovants, explorant notamment des voies de développement par le e-commerce, le B2B ou encore les objets connectés. Maddyness a recensé plusieurs de ces jeunes pousses en voie de pérennisation. Côté B2B, le duo d’entrepreneuses GuestViews a mis au point un livre d’or numérique et noué des partenariats prestigieux avec des institutions culturelles telles que le Louvre ou le Mucem. Côté objets connectés, on peut citer la société Art2M (menée par Axa Strategic Ventures) spécialisée dans la production et la diffusion d’œuvres d’art numérique et de design innovant. Côté e-commerce, on trouve également des startups comme Balibart ou Curioos.

Médias / Communication


Le « Native advertising » : manipuler avec précaution

Face à une nouvelle génération d’internautes critiques face au parasitage publicitaire, médias et annonceurs testent des dispositifs innovants pour s’émanciper du modèle traditionnel de la publicité en ligne. Influencia a consacré un article au « native advertising« , ces publicités éditorialisées qui s’immiscent dans le flux d’actualité d’un média en ligne sans gêner le parcours de lecture de l’internaute. Ces articles de marques se réapproprient les codes du journalisme et camouflent la vision publicitaire de leurs discours. Selon une étude menée aux USA en 2013 par l’agence Sharethrough avec IPG Médian, les consommateurs interagissent avec le native advertising 52% plus souvent qu’avec les bannières web. Nouvelle voie de financement pour la presse en ligne et format alléchant pour les marques, elle semble constituer un terrain riche pour innover. Mais ce type de contenus hybrides, entre promotion et information, pose quelques questions en termes d’authenticité et de transparence. Comment ne pas pousser le mélange des genres jusqu’au au travestissement ? Comment qualifier et reconnaître la présence publicitaire lorsqu’elle s’introduit dans les contenus journalistiques et culturels ?  Encore en phase de négociation et de calibrage, la native advertising est un vaste terrain d’exploration pour les nouveaux acteurs des médias et des industries créatives.

Technologies


Interactive Tabletop by Sony : papier animé et histoires interactives

Sony travaille actuellement sur un livre papier interactif animé par la lumière. A l’occasion du salon mondial des technologies émergentes, SXSW Interactive, qui s’est déroulé aux États-Unis du 11 au 20 mars 2016, Sony a présenté ce projecteur programmé avec une édition illustrée du conte de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles. Comme le montre la vidéo ci-dessous, les personnages et les décors s’animent jusqu’au delà des pages et le lecteur peut interagir avec ces éléments. L’ouvrage révolutionnaire repose sur une technologie, l’Interactive Tabletop, qui transforme une surface plane en un écran tactile animé par la lumière grâce à un projecteur et des capteurs de mouvements. Lorsque le livre est ouvert, les capteurs reconnaissent rapidement les pages et les illustrations s’illuminent, s’animent et sortent du livre pour s’aventurer sur la table.

Comme le souligne Graphiline, ce prototype promet des déclinaisons très prometteuses dans le secteur du livre imprimé et permettrait à Sony de conquérir plusieurs marchés, notamment celui du livre pour enfant et de l’éducation.