Le Labo de l’Edition projette d’ouvrir un « Petit musée de la lecture numérique ». Ce sera un lieu d’exposition inédit en Europe, à destination du grand public et des professionnels, pour explorer les évolutions de l’industrie et appréhender les nouvelles habitudes de lecture à travers l’histoire des appareils de lecture numérique.

Le projet est conduit par Elizabeth Sutton, consultante en édition numérique, enseignante à l’école des Gobelins et co-fondatrice du site d’actualités du livre numérique IDBOOX.com.

Ordinateurs, liseuses, tablettes et smartphones forment aujourd’hui un nouveau patrimoine qui mérite sa rétrospective. Ce lieu de médiation montrera autant que faire se peut les différents dispositifs mobiles de lecture qui ont émergés depuis une vingtaine  d’année, en se concentrant dans un premier temps sur les liseuses. Avec ces dernières apparaissent les techniques inédites de l’e-paper et de l’e-ink, pensées exclusivement pour les ebooks et le confort de lecture. Contrairement aux techniques d’affichage classiques qui nécessitent un rétro-éclairage fatiguant pour les yeux, le papier à encre électronique fonctionne à l’image du papier traditionnel en s’appuyant sur les champs électriques et la lumière ambiante. Ces technologies novatrices signent l’acte de naissance de la lecture numérique.

Pour une histoire de la lecture numérique

Source perpétuelle d’inspiration, la lecture numérique fait depuis ses débuts l’objet d’innovations originales et de créations inattendues. Alors qu’Amazon fêtera bientôt ses dix ans de domination du marché, de nouvelles machines se préparent. Des liseuses étanches déjà proposées par Kobo, à l’essai d’une liseuse Pocketbook en couleur, en passant par les futurs modèles à énergie solaire, l’offre est en constante évolution et satisfait aujourd’hui de nombreux lecteurs aux pouvoirs d’achats différents. 1 million de français sont équipés d’une liseuse selon les derniers chiffres GfK 2015.

PocketBook Kenzo Sense #MuséeLectureNum

PocketBook Kenzo Sense, 2014

 

 

Kobo Aura H2O, 2014 Petit musée de la lecture numérique

Kobo Aura H2O, 2014

 

Les ebooks quant à eux nous promettent des expériences de lectures inédites sur tablettes ou smartphones, comme en témoignent les dernières versions numériques enrichies d’Harry Potter, exclusivement pensées pour l’iPad et l’iPhone. Des usages alternatifs et des technologies insoupçonnées se dévoilent : on assiste aujourd’hui à l’émergence des premières tablettes tactiles en braille, formant des blocs de points à partir de microbulles d’air ou de liquide.

Au traditionnel codex succèdent donc de fascinants dispositifs technologiques qui par leur ergonomie et leurs promesses d’enrichissement ont déjà opéré leurs transformations dans notre représentation et nos usages du livre.

« Puisque les machines existent, autant s’en servir », disait Raymond Queneau en 1962. Cinquante ans plus tard, on réalise que les machines en question ont inauguré une nouvelle histoire de la lecture…

On se souvient  de ses prémisses avec le Livre de Lulu édité chez Flammarion en 1995, l’un des tout premiers contes multimédias qui révélait au grand public la relation magique du livre à l’univers numérique.

Roman Victor Pujebet, Le Livre de Lulu, Flammarion, 1995 Petit musée de la lecture numérique

Roman Victor Pujebet, Le Livre de Lulu, Flammarion, 1995

 

En 1999 sortait chez Gallimard Machines à écrire, le cédérom interactif de découverte littéraire pensé par Antoine Denize, qui donnait déjà aux supports de lecture numériques toute leur pertinence et toute leur saveur : « Les mots et les lettres pourront trouver ici une nouvelle nature, s’envoler comme des papillons, s’associer ou se décomposer, ou même se faire entendre… ».

Antoine Denize, Machines à écrire, Gallimard, 1999 Petit Musée de la lecture numérique

Antoine Denize, Machines à écrire, Gallimard, 1999

 

Avec l’arrivée de l’iPad en 2010 on a vu arriver des livres numériques interactifs pour adultes et enfants, toujours plus magiques et des expérimentations transmédia autour de la lecture sidérantes.

Comme tout processus d’innovation, l’aventure des appareils de lecture électronique a été sinueuse et incertaine. Elle commence au début des années 1990 avec le fameux « INCIPIT », création révolutionnaire de deux doctorants de l’Université Polytechnique de Milan F. Crugnola et I. Rigamonti. Parallèlement, le Bookman, une machine de 5 cm d’épaisseur permettant de lire sur écran des documents stockés sur disquette, est lancée par Sony en 1992. Malgré son importance historique, le Bookman n’est en son époque pas encore adapté aux utilisateurs et connaît un échec commercial.

A la fin de la décennie, les fabricants de tablettes RocketBook, SoftBook et Gemstar partent à la conquête de l’industrie et collaborent avec des maisons d’éditions telles que Random House et le libraire Barnes & Nobles.

Avec la visionnaire Cybook de Cytale fondée par Jacques Attali et Erik Orsenna en 1998, mobilité et ergonomie sont déjà au cœur de la recherche technologique : ils offrent la possibilité de tourner les pages, de surligner, de rechercher un mot, de prendre des notes…

Cybook Gen1 Bookeen 2003 (Cytale 1998) Petit Musée de la lecture numérique

Cybook Gen1 Bookeen 2003 (Cytale 1998)

 

Si le marché reste insignifiant à l’époque, les inventions autour de la liseuse foisonnent. Avant même de rencontrer son public, l’appareil électronique exerce auprès des médias et des spécialistes une fascination sans précédent. Ses possibilités intriguent, inspirent.

Bookeen relance en 2003 la commercialisation du Cybook et crée l’une des premières librairies numériques, générant tout un écosystème autour du seul support de lecture. Sony inaugure l’encre électronique en 2004. Adaptée aux besoins des lecteurs, l’e-ink est adoptée par la société iRex en 2006 avec l’Iliad.

 

 Sony PRS-T2 2012 Petit Musée de la lecture numérique

Sony PRS-T2 2012

 

Iliad iRex 2006 Petit Musée de la lecutre numérique

Iliad iRex 2006

 

Le Kindle, basé sur cette technologie, est lancé par Amazon en novembre 2007, suivi de près par Bookeen. Depuis, Amazon mène la danse : des modèles minimalistes, connectés ou audio, au luxueux Kindle Voyage, le géant américain stimule sans cesse la concurrence. Et le marché des liseuses doit aussi faire face au succès de ses émules : la tablette et le smartphone, fréquents compagnons de lecture, promettent des options de plus en plus alléchantes…

Kindle Amazon 2007 Petit musée de la lecture numérique

Kindle Amazon 2007

 

Un musée collaboratif et évolutif

Le Petit musée de la lecture numérique se veut collaboratif. Il verra le jour au fur et à mesure des donations des constructeurs partenaires et des collaborations du grand public. (voir l’appel aux dons)

Chacun peut s’impliquer dans son évolution en apportant des informations supplémentaires sur l’histoire des dispositifs de lecture, en offrant des appareils au fil de l’eau, ou en communiquant largement sur son existence dans les réseaux sociaux avec le hashtag #MuséeLectureNum

L’avancement du projet sera dévoilé via les comptes respectifs d’IDBOOX.com et du Labo de l’édition, que chacun est invité à suivre

Twitter @IDBOOX – @labodeledition / Facebook facebook.com/idbooxebook/facebook.com/LabodelEdition/

IDBOOX.com et le Labo de l’édition offrent également la possibilité à tous de s’exprimer et de discuter dans les espaces commentaires de leurs sites.

Les dispositifs de lecture exposés au Labo pourront être manipulés par tous. Les contenus seront consultables afin que chacun puisse se rendre compte des évolutions, notamment dans le confort de lecture et l’ergonomie des appareils.

Labo de l'édition rez-de-chaussée Petit Musée de la lecture numérique

Labo de l’édition – Rez-de-chaussée

Labo de l'édition - Espace d'exposition petit musée de la lecture numérique

Labo de l’édition – Espace d’exposition

Des cartels informatifs expliqueront au public la « généalogie » des liseuses d’ebooks. Bien entendu, ces appareils devront être utilisés avec précaution car l’objectif du musée est de conserver une véritable mémoire vive de l’évolution des liseuses à travers les âges.

La construction du musée sera évolutive et la première étape se concentrera sur les liseuses. Les premières collectes seront centrées sur les liseuses à encre électronique. D’autres appareils comme les premiers smartphones et les premières tablettes seront ensuite installés.

Appel aux dons de liseuses

Le Labo de l’édition lance un appel au grand public et aux constructeurs afin de rassembler le maximum d’appareils.

Toute personne possédant une liseuse antérieure à un modèle 2015 dont elle n’a plus l’usage, est invitée à remplir le formulaire de don mis à disposition par le Labo de l’édition. Pour y accéder, cliquez ici. Pour toute question, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse suivante : roxane.bittard@parisandco.com

Ces généreux donateurs seront remerciés. Sur le lieu d’exposition situé au rez-de-chaussée du Labo, les liseuses exposées seront placées dans des casiers accessibles. Une petite plaque sera apposée sur ceux-ci et mentionnera le nom et le prénom du donateur et la date d’acquisition de la liseuse.

La presse en parle


Livres Hebdo
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Actualitté

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The Bookseller

Digital reading museum to open in Paris
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Teleread

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Archimag

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Viabooks
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E-BookNews.de

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Jeanviet

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Information Today

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Publishing perspectives
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Fashion Forward Trends
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